Le Cameroun adopte une fiscalité environnementale plus ferme en 2026
Dans sa Loi de finances 2026 (LF26), le Cameroun adopte une fiscalité environnementale plus rigoureuse. Elle porte sur les activités minières et forestières, souvent associées à une forte empreinte écologique. Ce texte traduit la volonté gouvernementale de mieux encadrer les exploitations et sécuriser les recettes publiques liées aux ressources naturelles.
Pour ce qui est du secteur minier, l’article 240 bis apporte une clarification importante. Les carrières classées d’utilité publique restent soumises aux impôts, taxes et redevances pour toutes les opérations commerciales réalisées en dehors du projet principal. Par ailleurs, le gouvernement limite les exonérations aux activités directement nécessaires à l’exécution du projet déclaré d’utilité publique. Les opérations commerciales non liées au projet deviennent imposables selon le droit commun. Cela la réduit les abus et protège les intérêts fiscaux de l’État.
La LF26 renforce également la fiscalité forestière via la redevance forestière annuelle (RFA). A ce titre, l’article 243 de la LF26 indique que « la RFA est assise sur la superficie des titres d’exploitation forestière de toutes natures ». Et elle concerne les concessions et les ventes de coupe. Le texte fixe un prix plancher obligatoire : « 2.500 FCFA par hectare pour les ventes de coupe et 1.000 FCFA par hectare pour les concessions ». La redevance est exigible dès la signature de la convention d’exploitation pour les concessions. Elle l’est aussi dès l’arrêté d’attribution pour les ventes de coupe. Le paiement se fait en trois versements égaux. Deux échéances sont déjà prévues en 2026 : le 15 mars et le 15 juin. Le dispositif veut ainsi limiter les retards de paiement.
Donc, ces mesures s’inscrivent dans une dynamique nationale de transition vers une fiscalité verte plus efficace. En effet, le gouvernement cherche à concilier impératifs économiques et exigences environnementales. « La mesure vise à responsabiliser les exploitants. Elle veut réduire les impacts écologiques et renforcer la transparence dans les filières extractives », soutient Sébastian Chi, expert camerounais en questions environnementales. Pour qui, « à travers cette réforme, le Cameroun envoie un signal de fermeté aux acteurs économiques. La fiscalité devient donc un outil de gouvernance environnementale ».
Pour rappel, ce n’est pas la première fois que l’Etat du Cameroun évoque les questions liées à la fiscalité environnementale. En effet, tout avait commencé en 2022 par la formation des personnels de la direction générale des impôts (DGI). Plus tard, dans sa circulaire d’exécution de la loi de finances 2025, l’État du Cameroun introduit une fiscalité environnementale inédite. Le texte prévoit notamment un abattement de 20 % sur la valeur FOB à l’exportation de certains produits agricoles et forestiers, dont le bois en grumes, le cacao et l’hévéa. L’Etat conditionne cette exonération à la présentation d’un certificat de conformité aux normes de lutte contre la déforestation. C’est ministère des Forêts qui délivre ce document. Une mesure qui semble aller dans le sens des exigences internationales. Mais elle suscite de nombreuses interrogations de la part des experts du secteur.
Alain Karsenty, économiste et chercheur au CIRAD, indique que « cette initiative fiscale va dans le bon sens ». Mais, soutient-il, elle manque de finesse.
Au ministère de l’Environnement, l’on pense que « cette LF26 pourrait contribuer à financer les politiques climatiques, la protection des forêts et la préservation des écosystèmes stratégiques du pays ».














































































































