avril 17, 2026
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Cameroun : en 2026, la finance climatique au cœur de la stratégie budgétaire

Face à l’érosion progressive des recettes et à la montée des dépenses publiques liées aux chocs climatiques, le Cameroun inscrit désormais la finance climatique au cœur de sa stratégie budgétaire. L’annonce est du ministre des Finances (Minfi) en juillet 2025. C’était lors du séminaire de lancement de la préparation du budget 2026.

Le Minfi, Louis Paul Motaze, justifiait sa posture par « les risques climatiques qui affectent directement l’assiette fiscale ». Mais aussi freinent la production nationale et créent de nouvelles pressions sur les dépenses sociales et d’infrastructures. En effet, ces dernières années, les inondations, affaissements de terrain et chocs environnementaux ont touché des centaines de milliers de personnes. Conséquence, des pertes humaines et économiques considérables. Les secteurs agricoles, halieutiques et pastoraux subissent déjà une baisse de rendement. Dans le même temps, l’on note une recrudescence des maladies hydriques. Ces perturbations traduisent le lien désormais direct entre climat et soutenabilité budgétaire.

Contradiction stratégique

Le Cameroun met en avant une contradiction stratégique : n’étant responsable que d’environ 0,07% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, le pays figure parmi les pays les plus exposés aux impacts climatiques. Comme une grande partie de l’Afrique, il subit des pertes économiques estimées jusqu’à 5% de son Produit intérieur brut (PIB). Ce, alors que le continent ne contribue qu’à moins de 4 % des émissions mondiales. Ce contexte renforce son plaidoyer pour une compensation et un accès élargi aux financements internationaux. Notamment dans la perspective de la COP30 à Belém, au Brésil.

En 2025, le Cameroun a franchi une étape importante avec l’introduction d’une annexe budgétaire sensible au climat. Elle permet de classifier les dépenses selon leur contribution à l’adaptation ou à l’atténuation. Les premiers résultats montrent toutefois l’ampleur des défis. Seules 17% des dépenses des administrations pilotes ont pu être identifiées comme favorables au climat. Pourtant, une large part reste non déterminée, faute de données structurées, de coordination suffisante et d’un cadre méthodologique consolidé.

Nécessité économique

Pour 2026, le gouvernement camerounais prévoit une amélioration des outils de suivi et une meilleure traçabilité des financements verts. Egalement en perspective, la formation des administrations et une intégration plus forte du climat dans la programmation des investissements publics. Les grands projets énergétiques, infrastructurels et productifs seront désormais être évalués sous l’angle environnemental afin d’être éligibles aux guichets internationaux. La circulaire présidentielle relative à la préparation du budget 2026 insiste sur « la cohérence, la transparence et la compatibilité avec les standards internationaux ». Pour le Minfi, « intégrer le climat dans la gouvernance budgétaire n’est plus une option mais une nécessité économique ». L’enjeu est désormais de transformer cette ambition en résultats concrets afin que la finance climatique devienne un véritable instrument de stabilité macroéconomique pour le Cameroun.

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